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Assassiné ! – Chapitre 4

Avec un autre couple - Chapitre 1



La nuit est tombée. Le calme est revenu. La piscine est recouverte. Par les interstices de la toile japerçois la lune à son premier quartier et les étoiles les plus brillantes. Jaimais bien quand jétais vivant contempler le ciel la nuit Voyons si je me souviens Là cest la grande ourse ou plutôt pour moi, la grande casserole. En continuant la queue voilà Acturus du Bouvier et plus bas, presque au ras du sol, lEpi de la Vierge. Mon passage au-delà na pas tout effacé. Pourquoi alors nai-je aucun souvenir sur la manière dont jai été occis ? Et par qui ? Mystère Jai beau fouiller dans mon esprit, aucune image ne se dessine. Tout ce que jobtiens cest une lassitude extrême. Il est préférable de remettre à plus tard la découverte de mon passé, quand je serai complet.

Mon esprit fatigué tourne en rond. Pourquoi Sophie ne sest pas baignée ? Il ma semblé lapercevoir quand les autres terminaient de baiser. Oui, cétait elle ! Elle les a salués de la main mais a immédiatement disparu de ma perception. Jespère que je ne lui ai pas fait peur lautre jour. Faire lamour avec un fantôme, il y a de quoi vous tournebouler ! Moi, je ne regrette rien, cétait merveilleux ; je le referai bien volontiers malgré la perte de conscience qui sen suit. Jespère quil en est de même pour elle, le contraire serait trop bête ! Je me remémore les courbes de son corps. Jimagine que je les enveloppe de mes pulsations. Est-ce que jaurai le droit de le refaire en présence des autres ? Ne vont-ils pas la prendre pour une folle de la voir jouir toute seule en murmurant mon nom, le nom de son amant défunt ? Cest décidé, cela doit rester notre secret. Je me contenterai dadmirer les prouesses érotiques du reste de la famille, sans intervenir.

Jécoute les bruissements des spectres qui hantent le jardin mais je ninterfère pas dans les conversations. Comprenant que je désire rester seul, mes congénères me fiche une paix royale. Les heures défilent, déjà à lest les premières lueurs de laube font pâlir les étoiles. Les premiers chants doiseaux, plutôt des murmures séchangent dun nid à lautre. Une brise soudaine fait frémir les feuilles et emporte quelques fétus de paille dont un tombe juste entre la bâche qui me recouvre et le bord. Je mamuse à former un petit tourbillon qui lentraîne au fond. Tient ! Cest une idée ! Je reprends le fétu et mexerce à le promener dans toute la piscine. Jaimerais disposer dun jouet plus volumineux pour découvrir si je suis capable de le déplacer Le jour est levé quand je lâche enfin le morceau de paille.

La matinée est calme. Maxime me découvre et avec une épuisette tente de ramasser les brindilles qui flottent. Pour mamuser, jexpérimente mes nouveaux pouvoirs. Un petit tourbillon et je disperse la flottille difficilement rassemblée ! Le garçon sentête. Calmons-nous, inutile de lui mettre la puce à loreille. Je suis satisfait, jai même réussi à manipuler lépuisette, oh ! Pas beaucoup, mais je nai pas forcé, ne voulant pas me trahir

Cest lheure de la sieste. Pas de chant doiseaux, pas un bruit, ah si ! Dans le lointain le brouhaha de la circulation sur la rocade, étouffé par la végétation. La nature se repose. Mon dieu ! Sophie ! Elle traîne un matelas pneumatique quelle jette à la surface de la piscine.

— Quest-ce que tu fais ? interroge la voix de son frère.

— Je vais prendre un bain de soleil.

— Cest une idée ! Je taccompagne.

— Non ! Laisse-moi ! Jai besoin dêtre seule Pour le moment.

— A ta guise.

— Tu devrais attendre quelques heures, déclare la voix de Martine.

— Je crains rien, je me suis tartinée de crème solaire Maman.

Je ne sais pas comment elle y parvient, mais elle sinstalle sur le matelas flottant sans toucher la surface de leau. Je sens les palpitations de mon autre moi, tout près, cest frustrant ! Je me concentre Le matelas commence à tourner sur lui-même.

— Oh ! Cest Cest toi Bill ? Tu Tu es toujours là ?

Jenrage de ne pouvoir lui répondre, de ne savoir comment communiquer. Je fais vibrer le matelas.

— Oh !

Elle trempe la main dans leau. Whizz ! Une décharge électrique me secoue lorsque mes moi se reconnectent ! Quel plaisir de se retrouver entier ! Je fais taire les interrogations qui naissent en mon sein : Où étais-tu passé ? Quas-tu découvert ? Etc. On verra ça plus tard. Pour linstant occupons-nous de Sophie.

Elle na pas retiré la main de leau. Je concentre dessus mon énergie. Je me referme dessus comme une bouche avide. Je tente de lattirer. Lavant-bras disparaît sous la surface. Jaccentue mes efforts. Je tire de toutes mes forces Insuffisant. Le matelas penche. Jaccompagne le mouvement, Sophie glisse dessus. Plouf ! Elle senfonce dans leau. Je lenveloppe de mes ondes, tourne autour en un voluptueux tourbillon. Je la fais danser, je suis heureux. Les mouvements désordonnés de ses bras malertent. Tout à mon bonheur, je ne mapercevais pas que totalement immergée, elle était dans lincapacité de respirer ! Je desserre létreinte, elle émerge la figure prend une bonne goulée dair frais et replonge. Tient, tient ! Ma danse a lair de lui plaire ! Je contrôle le tourbillon en prenant soin de lui laisser la tête hors de leau. Tout en la faisant tourner, je la pousse vers la partie de la piscine où elle a pied. Ouf ! Cest fatigant ! Nous avons tous les deux besoin de souffler quelques instants.

— Oh Bill ! Comment tu fais ?

Je suis bien entendu dans lincapacité de lui répondre. Tant pis. Mes forces ou plutôt mon influx revient. Jaimerais la caresser comme lautre jour. Comment lui faire comprendre que je la veux nue ? Je fais vibre son maillot sur les fesses. Jarrive à force de concentration à le décoller de la peau. Il claque lorsque je relâche ma pression. Elle ne réagit pas Encore une fois Une autre.

— Ça va, ça va ! Jai compris gros cochon !

En souriant elle dégrafe le soutien-gorge quelle lance sur le matelas puis ôte son slip. Je précipite mes ondes sur son corps. Je suis partout à la fois, sur les seins, le ventre les reins, les cuisses, lentrejambe. Je mesure les progrès que jai réalisés dans la maîtrise de lélément liquide. Jarrive à faire se tordre les tétons qui sallongent sous les sollicitations.

— Aaah ! Bill !.

Je mattaque au petit clitoris à qui je fais subir le même traitement. Sophie gémit, ferme les yeux et saccroche à léchelle pour ne pas couler. Elle écarte les cuisses, je me précipite entre les grandes lèvres que je fais onduler, les petites lèvres que jécarte. Je réussis à souder les molécules deau entre elles et à former une sorte de manchon transparent que jinsère dans le vagin qui cède. Je me concentre et après quelques essais je parviens à contrôler la dilatation que je fais varier. Je suis fier de voir lorifice souvrir et se refermer par ma seule volonté.

— Oooh ! Bill ! Aaah !

Les mains de Sophie blanchissent sur les montants de léchelle à force de la serrer. Elle halète en proie à une intense émotion. Aux mouvements de lanus, je devine quelle accompagne mes pulsations de ses muscles vaginaux. Je retire le manchon transparent, lapplique sur la rosette mais narrive pas à lintroduire. Il me faudrait une aide que ma bien aimée est incapable de me fournir. Tant pis. Je retourne au vagin, explore les muqueuses internes. Devenant plus habile, je nai plus besoin de toute mon énergie pour rigidifier un manchon liquide et peut en même temps patouiller et sucer les seins, titiller le clitoris, lancer des ondes vibratoires sur les cuisses là où la chair est tendre près de laine et masser les fesses.

— Mmmh !

Elle se dresse sur la pointe des pieds, ouvre la bouche sur un cri silencieux. Un filet blanchâtre séchappe de son sexe, elle tremble de tous ses membres. Oui ! Jai réussi à la faire jouir ! Un voluptueux sentiment de puissance menveloppe.

Les battements de son cur sassagissent. Sa respiration redevient normale. Elle lâche léchelle et caresse leau de la main comme pour me remercier. Je réponds par une vibration de toute la surface.

— Oh ! Bill ! Bill ! Quest-ce que tes devenu ? Pourquoi tes plus comme avant On aurait été si bien ensemble

Avec peine, elle grimpe les barreaux et sallonge sur le carrelage chaux du bord de la piscine. Elle laisse sa main dériver dans leau. Je la cajole dondes douces. Tiens ! Je nai pas perdu conscience cette fois-ci ! Est-ce lentraînement ou le fait que je sois resté entier ?

— Tu sais, continue-t-elle, je suis sûre que tu mentends. Ça te fait rien si je te parle ?

Oh non ! Pas du tout ! Continue Sophie chérie, continue. Pour lencourager je tire un peu sur sa main et la relâche par deux fois.

— Hier jai rencontré les copains. Tes le principal sujet de conversation, tu sais. Personne comprend et la police nest pas plus avancée que le premier jour semble-t-il. Tous sont affectés par ta disparition, mais le plus touché cest Julien. Il fait peine à voir le pauvre, et je

— Alors grande sur ? linterrompt la voix de Maxime. On parle toute seule maintenant ?

— Oh !

Sophie plonge dans la piscine à la recherche de son maillot sur le matelas pneumatique.

— Tu sais, tu pouvais rester à poil, ça me gênait pas.

— Toi peut-être mais moi si ! Tu pourrais avertir quand tarrives, espèce de gros dégueulasse !

— Bon, bon, calme-toi, cest pour te faire enrager. Dailleurs tu as raison de te couvrir, car un de tes copains vient te rendre visite, à moins que justement pour lui

— Ne dis pas de bêtise ! Qui cest ?

— Cest Jean.

Sophie fait disparaître les seins sous les bonnets du soutien-gorge puis enfile le slip.

— Quest-ce que tattends pour le faire venir ?

— Tes désirs sont des ordres ma chère sur.

Ma chérie grimpe sur le matelas et sallonge. Je suis perplexe. Je me souviens du dénommé Jean, un de ceux que jai supplantés dans le cur de Sophie. Je suis sûr quil nest pas mécontent de mon accident. Cela lui laisse le champ libre et il sempresse den profiter. Je ne suis pas jaloux. Comment le pourrai-je ? Si je suis capable de lui octroyer un peu de plaisir, je sais que je ne remplacerai pas une présence physique. Alors, Jean ou un autre, cela mest indifférent.

— Je sais pas si je fais bien de le recevoir, murmure Sophie. Je suis pas à laise en sa compagnie.

Dit-elle cela pour me consoler ? Ou minvite-t-elle à lui jouer un tour à ma façon ?

— Bonjour Sophie.

— Bonjour Jean.

— Je vois que tu profites de ta piscine. Tu as bien raison. Cela ne sert à rien de ressasser ton chagrin.

Quelle maladresse ! Plusieurs rides barrent le front de la jeune fille, elle serre les lèvres puis se calme.

— Tu peux te baigner si tu veux.

— Je Jai pas de maillot.

— Je peux ten prêter un si tu veux, propose Maxime.

— Non, merci, je reste pas longtemps. Tu permets que je massoie au bord de leau ?

Sophie répond par un geste qui veut aussi bien dire oui que non.

— Bon ben Euh Je vous laisse, déclare Maxime qui rentre au salon.

Jean attrape une serviette, létale sur la margelle et pose les fesses dessus. Je ne suis pas leur conversation, cela ne mintéresse pas. Toute mon attention est captivée par la montre qui rutile au poignet du garçon qui pend sur le bord. Pourquoi mest-elle familière ? Je sens quil faut que je la touche, cest important. Pourquoi ? Je nen sais rien mais jai la conviction que cest primordial. Je provoque des vagues. Elles sont insuffisantes pour atteindre la main. Je me concentre : « Mets la main dans leau, mets la main dans leau! » Oui ! Jean samuse à griffer la surface avec ses doigts. Jinsiste sur les vaguelettes, une goutte touche le cadran

Ma montre ! Cest ma montre ! Ma Rolex ! Le cadeau de la famille pour mes dix-huit ans ! Que tous mes copains menviaient ! Comment se fait-il que ce bellâtre lait en sa possession ? Attends Est-ce que je lavais en venant ici ? Oui, je me souviens, je me revois la poser soigneusement sur mes vêtements avant de me mettre à leau. Même que Sophie riait : « Cest bien la peine davoir une montre spécial plongée pour éviter de la mouiller » se moquait-elle ! Mais alors En un éclair tout me revient :

« Je flotte béat, lesprit encore plein de la jouissance éprouvée après létreinte avec Sophie. Elle est sortie de leau chercher de la boisson. Quelle est cette ombre qui sallonge ? Jouvre les yeux pour contempler stupéfait Jean, le visage décomposé par la fureur, pointant sur moi un fusil de chasse.

— Eh ! Quest-ce qui te prends ? Tes fou ?

— Taurais jamais du tapprocher de Sophie espèce de tapette, jamais, tentends, jamais !

Pan ! »

Cest donc Jean qui ma assassiné ! Fallait-il quil soit jaloux ! Ou plutôt malade ! Trucider un copain parce que celui-ci obtient les faveurs de celle après qui on soupire ! Il est bon pour lasile ! Pas question de laisser ce taré sapprocher de ma bien-aimée. Ouais, mais comment ? Je nai pas la force physique pour my opposer. Ah, si jarrivais à faire comprendre à Sophie ! Pour linstant ce salaud samuse à agiter leau en racontant des blagues. Je ten ferais des blagues ! Il se penche de plus en plus comme sil voulait atteindre le matelas pneumatique. Je calcule bien mon coup ; hop ! Au moment où il se trouve presque en déséquilibre, jattire sa main et Plouf ! Le voilà à leau gesticulant. Je lenveloppe de mon tourbillon, lattire vers le fond. Seule la main qui porte ma montre émerge. Il arrive à reprendre son souffle mais je ne le libère pas et lempêche de rejoindre le bord. Sophie qui a rit aux éclats lors de sa chute, prend conscience quil se passe quelque chose danormal. Elle pagaye avec ses mains pour se rapprocher de ma victime. Je contrarie son approche.

— Bill, murmure-t-elle, cest toi ? Pourquoi ?

Jean recrache leau qui est entrée dans sa bouche. Je le fais tourner sur lui-même en prenant soin de laisser la montre au-dessus de la surface.

— Oh ! La montre ! Cest ta montre nest-ce pas ? Je la reconnais. Oh ! Cest lui ?

Elle sempresse de sortir de la piscine, laissant linfortuné se dépatouiller.

— Sophie, aide-moi, je Je crois que jai une crampe, jarrive pas à sortir de leau Gloup !

— Cest toi qui as tué Guillaume ! Avoue !

— Arrh ! Glouou

— Avoue !

— Glou Gglll Ou Glou Oui Cest mo Moi Glouloulou

Une ombre se penche sur leau, un bras se tend que Jean agrippe avec lénergie du désespoir.

— Redite-moi ça jeune homme, cest donc vous qui avez assassiné le dénommé Guillaume ?

Linspecteur de police qui avait fait les premiers constats après mon décès, tire le garçon hors de leau. Maxime et lui sont apparus sur la terrasse pendant que ce salaud de Jean se débattait.

— No-non.

— Ce nest pourtant pas ce que je viens dentendre, ni ce que me raconte la montre que vous avez au poignet.

— Elle Elle est à moi.

— Cest faux ! rugit Sophie. Cest celle de Guillaume, je la reconnais.

— Ce sera facile à contrôler : des chronomètres de cette valeur ont un pedigree, un coup de fil au fabricant et nous serons fixés. Je vous emmène au poste de police. Vous my expliquerez ce que fait le fusil de chasse dans votre quatre-quatre garé devant la porte et pourquoi il a servi récemment bien que la chasse ne soit pas ouverte et aussi pourquoi les empreintes relevées derrière la propriété le jour du meurtre correspondent à vos pneus. Pouvez-vous me prêter une serviette mademoiselle ? Jembarque cet individu. Jétais venu vous interroger au sujet de la montre que les parents de votre ami mont réclamée, je ne me doutais pas arriver en plein drame. Je vous remercie de laide que vous mavez apporté dans la résolution de cette affaire. Lorsque vous viendrez au commissariat, demain par exemple, pour y signer votre déposition, je vous rendrai votre serviette. Au revoir mademoiselle et merci encore

— Ben dis donc ! Qui aurait cru ça ? sexclame Maxime en revenant daccompagner le policier et son prisonnier.

Il sassied près de sa sur et entoure ses épaules dun bras protecteur.

— Dis Comment tas deviné ?

— Si je te le disais tu me croirais pas.

— Dis toujours.

— Cest Guillaume qui me la fait comprendre.

Vexé, Maxime retire son bras.

— Tu te moques de moi.

— Tu vois, tu me crois pas.

Elle se lève en soupirant et disparaît de ma perception ainsi que son frère. Un sentiment de plénitude, de devoir accompli menvahit. Voilà la tâche qui métait fixée : démasquer mon meurtrier. Je suis fier dy être parvenu Oui mais Pourquoi suis-je encore prisonnier de la piscine ? La réponse me parvient du fond de mon esprit : mon rôle ici bas nest pas terminé. Que dois-je encore réaliser ?

Jai beau tourner en tous les sens les événements de ces derniers jours, je ne vois pas ce que je dois encore faire pour ma libération. Je suis vengé, mon assassin a avoué nest-ce pas le principal ? A peine ai-je formulé cette pensée quun frisson de honte me parcourt. Jen rougirais de confusion si cela était possible ! Je me conduis en parfait égoïste. Ce nest pas pour ma (Jallais dire petite personne, mais ce nest plus dactualité) non ce nest pas pour la tranquillité de mon esprit que je suis retenu, mais pour venir en aide à Sophie. Jai lintime conviction que je dois assurer son bonheur. Pas par les caresses échangées dans leau qui pour merveilleuses quelles soient ne peuvent être considérées comme le but à atteindre, non, je dois trouver autre chose.

Les feuilles des chênes autour de la piscine frémissent sous la brise. Je devine que mes infortunés collègues échangent leurs avis sur ce qui mest arrivé. Je ne saisi pas ce quils se racontent, devrai-je pousser Sophie dans les bras dun successeur ? Les fantômes des alentours éludent la question. Ils ne peuvent mêtre daucun secours, notre sort le veut ainsi. Cest de moi-même que doit surgir la solution.

Plus jy réfléchis plus je me persuade être dans le vrai. Je dois aider ma bien-aimée à me trouver un remplaçant. Drôle de tâche ! Faciliter les entreprises dun inconnu, les encourager même ! Brrr ! Je frissonne rien quà la pensée dassister impuissant, oui impuissant car il me sera interdit de les empêcher si je veux quitter enfin cette vallée de larme, aux baisers, aux caresses échangées, aux étreintes Pourvu quil soit bien lheureux bénéficiaire Comment le reconnaîtrai-je ? Comment être sûr quil sagira de celui que je dois favoriser, que ce nest pas un profiteur comme Jean prêt à abuser de la faiblesse de Sophie ?

Pierre et Martine, les parents, me rendent visite dans la matinée. Ils ne prennent pas la peine denfiler un maillot de bain et plongent tout nu dans la piscine. Leurs caresses me remplissent damertume. Cela sera pareil lorsque Sophie et son nouveau compagnon viendront se baigner. Cette pensée morose môte lenvie de participer à leurs jeux érotiques. Puis, je préfère limiter mes interventions à Sophie, cest plus prudent. Il ne faudrait pas quils prennent peur et demande à un exorciste de purifier la piscine ! Bien que jaie la certitude de ne pas être un démon, je préfère ne pas tenter lexpérience. Si jamais un prêtre avait une influence sur moi, comment dans ces conditions accomplir ma mission ?

A suivre

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