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La mauvaise pente – Chapitre 2

La mauvaise pente - Chapitre 2



Plusieurs mois s’écoulèrent. Stéphanie était partie juste après le mariage pour son voyage de noces aux Seychelles. Les conseils municipaux se déroulaient toujours bien, presque tout le monde était assidu.

J’avais bien remarqué que la jeune femme était parfois bizarre. Elle me parlait moins, était parfois un peu taciturne, voire semblait m’éviter.

Tout semblait pourtant bien aller dans sa vie, dans son couple. Car je l’entendais raconter des anecdotes aux autres personnes et leur parler aussi normalement qu’avant.

Aussi n’étais-je pas inquiet, juste un peu intrigué. C’était comme si c’était avec moi qu’il y avait un problème.

Avais-je prononcé il y a peu quelque chose qui l’avait dérangée, ou pris une décision avec laquelle elle était en désaccord ?

Pourtant il n’y avait eu, à mon souvenir, aucun débat houleux en séance, aucune opposition manifestée par qui que ce soit.

J’avais bien su qu’ils avaient dû revendre leur vieux "château", après avoir entamé quelques travaux, parce que l’entretien était devenu trop onéreux pour ce jeune couple, mais ils ne m’avaient pas sollicité pour quoi que ce soit ; Stéphanie ne s’était plaint de rien à l’époque, et puis ils avaient eu la chance de l’avoir revendu – plutôt facilement et sans perte d’argent, à ce que j’avais pu comprendre – à des Parisiens assez argentés qui souhaitaient en faire un haras.

Mon frère et sa femme n’avaient pas la vie facile. Ils travaillaient dur et semblaient ne plus gagner autant d’argent qu’avant.

J’allais dîner chez eux de temps en temps le dimanche soir. Hormis le lundi (et encore mon frère recevait ce jour-là ses commandes et ma belle-sur en profitait pour mettre à jour sa comptabilité), il n’y avait guère que le dimanche (et encore, l’après-midi après quinze heures, quand tout avait été mis en ordre dans la boutique et la cuisine, et qu’ils avaient pu fermer) qu’ils pouvaient un peu souffler.

Ces soirs-là, ils faisaient réchauffer ce qu’il leur restait du week-end, moi j’amenais des pâtisseries.

Les enfants étaient en général excités (ils ne voyaient pas beaucoup leurs parents), mon frère et son épouse, Isabelle, étaient épuisés.

Mais il n’y avait pas que de la fatigue ce jour-là. Mon frère semblait déprimé. Je faisais tout pour lui remonter le moral.

Ma belle-sur, elle, cachait une colère rentrée, je m’en étais bien rendu compte, et elle paraissait bouillir en dedans et de plus en plus à mesure qu’il parlait.

" – Allez" dis-je à mon frère, c’est bientôt les communions, les mariages, tu vas faire du chiffre, tu vas voir, ça va aller mieux.

— Tu parles. Chaque année il y en a moins. Tu sais, maintenant les gens préfèrent faire quarante bornes et acheter tout dans les hypermarchés…

— Oui mais toi tu fais de la qualité. Tu es connu sur la place. Et puis avec les beaux jours ils y a les Parisiens qui viennent à leurs maisons de campagne pour le week-end, ils font des fêtes, ils achètent. Ils savent faire la différence entre ce que tu fais et la merde qu’on trouve à Paris.

— Oui, mais c’est des plats pour trois-quatre personnes maximum. C’est pas avec ça qu’on renfloue nos caisses… Ce qui fait du bien ce sont les cérémonies," rajouta-t-il après un temps. "Moi quand je me suis installé je comptais bien sur mon activité traiteur."

Je ne savais plus quoi dire. J’avais bien vu que ma belle-sur nous jetait des regards noirs. Je ne comprenais pas pourquoi.

Un silence s’installa. Elle fulminait, c’était visible, tout en débarrassant la table.

Je n’eus pas à poser plus de questions ni à attendre plus longtemps. Elle lâcha sèchement, et avec de la colère froide dans la voix :

" – L’activité traiteur, les cérémonies… oui c’est bien… A condition que les gens paient !

— Ah bon" dis-je à mon frère, "vous avez beaucoup d’impayés ?

— …pas tant que ça" dit-il d’un air las

" – Non, pas tellement" ajouta-t-elle sur le même ton d’énervement, "mais vues les sommes, ça fait un sacré trou ! Surtout quand tu comptes dessus. Tu bosses, tu te défonces, tu régales des braves gens et après, va te faire foutre, c’est pour ta pomme ! Et ils te foutent dans la merde en plus !

— Bah merde" dis-je, abasourdi, "et vous avez fait quelque chose ? Vous leur avez réclamé ?

— Bah qu’est-ce que tu crois ?" me lança-t-elle excédée, "on a même fini par se déplacer, d’abord ton frère – enfin, il a envoyé le commis, tu connais ton frère, il ose pas, il est pas convaincant, mais le commis c’est tout juste s’ils se foutent pas de sa gueule – et en dernier c’est moi qui y suis allée. Tu me connais ? Je me laisse pas faire, j’ai pas été baisante, je les ai presque menacés… Mais ça joue les grandes dames, ça nous prend de haut – ça se fout de notre gueule, entre parenthèses, avec un petit sourire ironique qui veut bien dire ce que ça veut dire – des gens qui se la pètent, mais qui vivent à crédit… et surtout sur le dos des autres !

— Mais," répliquai-je, "vous n’avez pas laissé tomber ? Vous n’allez pas les mettre à l’huissier ?

— On peut pas…" marmonna mon frère avec un air résigné.

Ma belle-sur explosa :

" – On peut pas ! On peut pas ! Non mais arrête ! Qu’est-ce qui t’empêche ?!

— Tu sais bien qu’on peut pas !" lui dit mon frère, cette fois en haussant le ton, et avec des yeux qui voulaient dire "tais-toi, je ne veux pas que tu en parles"

" – Eh bien oui" lui dis-je" pourquoi vous ne pouvez pas ? Qu’est-ce qui vous en empêche ?!

— On ne veut pas provoquer de scandale !" lâcha-t-il, visiblement au bord des larmes.

Je n’avais jamais vu de ma vie mon frère dans cet état.

" – Quel scandale ?" lui répondis-je, "il n’y a pas de honte et ça n’est pas scandaleux de faire réclamer son dû par des huissiers, ça n’est que réclamer justice au contraire. Et la honte c’est pour les mauvais payeurs.

— Ah, tu vois ?!" lui jeta ma belle-sur, en posant son torchon.

" – Mais le scandale ça serait pas pour nous" dit-il d’un air désespéré.

" – Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ?" lui demandai-je, en posant ma main sur la sienne, compatissant, et pour l’encourager à parler. Je ne comprenais vraiment pas.

Il se mit à geindre, détourna la tête un instant. C’est la belle-sur qui lâcha le morceau :

" – Ton frère veut dire qu’il n’y a pas de honte ni de scandale… sauf quand le mauvais payeur est membre de ton conseil municipal !

— Quoi ?!" J’étais consterné. "Stéphanie ?!

— OUI, STEPHANIE !", balança-t-elle avec un mépris incommensurable en prononçant ce mot.

" – Eh bien ça… si je me doutais…"

J’étais abasourdi. La petite Stéphanie, si bien sous tous rapports, dont j’étais pleinement satisfait pour les missions que je lui confiais. Elle n’avait pas payé le buffet de son vin d’honneur…

Je commençais seulement à réaliser, à comprendre, à faire le rapprochement entre son attitude d’évitement et l’ardoise qu’elle avait laissée à mon frère. Elle devait penser qu’il m’en avait parlé.

Mais mon frère était trop gêné vis à vis de moi, et il avait préféré de ne pas risquer de me contrarier et espéré que ça s’arrangerait sans que je le sache.

" – Mais" dis-je en reprenant", elle ne vous a rien payé, même pas un petit chèque en attendant un autre…?

— Non même pas !" rétorqua ma belle-sur, "ils ont juste payé l’acompte de 10 % à la commande, dont le chèque, heureusement n’a pas été rejeté. Mais depuis qu’on a réclamé, rien, pas un centime ! Elle n’a même pas proposé de faire plusieurs chèques à encaisser au fil des mois : tu penses bien qu’on aurait accepté.

— Qu’ont-ils dit ?" demandai-je ahuri.

" – Qu’ils allaient nous payer, que c’était pour bientôt, qu’ils attendaient une rentrée d’argent, de ne pas nous en faire… Mais ça, ils le disent depuis plus de huit mois ! D’ici à ce qu’ils se tirent un beau jour en nous laissant l’ardoise…

— Oh non, ça c’est sûr que non. Je la connais, ils sont bien installés ici…

— Mouais, bah ça" continua ma belle-sur, "on verra. Moi ça ne m’étonnerait pas."

Je ne leur parlai évidemment pas des problèmes qu’ils avaient eu avec leur "château" dont ils n’avaient pas pu faire face aux frais de rénovation, et ne leur dis pas qu’ils venaient de changer de logement.

Je savais pourtant, en ayant un jour parlé avec l’agent immobilier, qu’elle n’avait pas menti sur la revente, qu’ils étaient rentrés dans leurs frais.

Mais tout coûte cher, un déménagement et le reste, et je ne savais pas s’ils avaient d’autres dettes.

J’étais en train de me rappeler d’une conversation ces derniers mois avec mon frère où il m’avait questionné sur mon conseil municipal, les gens avec qui je siégeais, l’air de rien, et je comprenais maintenant pourquoi.

"- Bon" leur dis-je, "je vais lui parler et essayer d’arranger ça. Elle m’écoute, et je suis son maire. Je vais lui parler à cur ouvert et si elle a des problèmes financiers je pourrai lui proposer des solutions, et ça lui permettra sans doute de payer ses dettes… et celle qu’elle a envers vous en premier !

— Tu parles" me dit Isabelle, "elle va te mener en bateau comme elle l’a fait avec nous. Elle y mettra plus les formes avec toi, c’est sûr, parce que nous, même si elle sait que tu es le frère de Louis, elle se fout presque ouvertement de notre gueule ! Ah je ne la supporte pas. Il faudrait que tu la vois avec son sourire en coin, et toujours pressée, comme si ce qu’elle nous devait n’était qu’une broutille, comme si elle était riche, cette petite pétasse, alors que c’est une mange-merde qui se la pète !

— Isabelle !" s’insurgea mon frère, "ne parle pas comme ça ! C’est une cliente, la conseillère municipale de mon frère. Si tu continues, un jour tu parleras de tous nos clients comme ça !

— Oui bah les clients, si un jour tous nos clients deviennent des clients comme elle, on finira à la rue ! Nous on bosse, et pour qui, pour quoi ? On est pas les restaus du cur, et je suis pas l’abbé Pierre ! Sans compter que c’est pas un repas pour nécessiteux qu’on lui a servi : fallait la voir faire la grande dame devant sa famille en grand tralala, le jour de ses noces, minaudant…!

— Isabelle, arrête !

— Pourquoi arrête ?! Moi je l’ai vue, toi t’étais pas là – ah oui si, t’as livré, mais tu vois jamais rien ! Sa robe, elle a pas pu l’acheter à crédit, crois-moi elle valait au moins 1500 si c’est pas 2000, et encore je suis sûr que je suis loin du compte. C’était de la marque, pas une robe de chez Tati, je peux te le dire ! Et nous, les pauvres péquenots, les pauvres charcutiers-traiteurs, nos 4000 on les verra jamais ! C’est sûr on s’appelle pas Hédiard !

— Bon" tentai-je de l’interrompre, "arrêtez de vous disputer. Je ne veux pas vous voir vous déchirer à cause d’elle.

Je vais vous proposer une solution : je vous paie ce qu’elle vous doit et je me charge de le récupérer auprès d’elle."

Mon frère s’indigna :

" – Non frérot, c’est pas à toi de payer ! Ce serait à nous de récupérer ce qu’elle nous doit !

— Oui", l’interrompit sa femme, "mais t’as jamais voulu faire appel à l’huissier !

— Vous inquiétez pas" leur dis-je, "je suis médecin et je gagne bien ma vie. Vous savez que si je vous le propose c’est que je peux et que ça ne me mettra pas dans une situation financière difficile, contrairement à vous actuellement. Et puis je connais Stéphanie, j’en fais mon affaire. Je lui dirai la vérité et lui expliquerai que cette dette c’est envers moi qu’elle l’a désormais. Et ça ne sera plus la même chanson" rajoutai-je (de façon un peu présomptueuse, je me rendais bien compte….)

Je leur signai donc un chèque. Il y en avait pour près de 4000 .

Mon frère l’accepta, mais était très gêné. Ils devaient trouver cette situation humiliante, tous les deux. Moi je ne montrais rien, mais je me sentais de plus en plus en colère. Je trouvais qu’on s’était foutu d’eux, et je ne supportais pas ce genre d’embrouille.

Moi aussi j’avais assez régulièrement des impayés, mais c’étaient des petites sommes à côté de la leur.

Même si ça s’accumulait un peu pour certaines personnes, soit elles finissaient par payer – au compte-gouttes, certes – soit je ne les revoyais plus et ils n’avaient pas intérêt à revenir, parce que j’avais bonne mémoire quand je m’étais fait avoir.

En tout cas ça ne représentait pas un pourcentage si élevé de mon chiffre d’affaires que ça mit ma situation en péril.

Alors qu’eux…

Ma belle-sur s’excusa d’accepter. Elle trouvait que ça n’était pas juste. Elle me remercia discrètement. Mais elle avait les yeux humides. Elle était sanguine, impétueuse, mais c’était une brave fille, courageuse et droite.

Je leur dis ne pas s’en faire, j’arriverai à récupérer la somme pour moi, et ça ne sera que justice.

Ils ne me demandèrent pas comment j’allais faire. Ils devaient douter que je réussisse. Mais après tout, j’avais proposé d’endosser ce problème et la charge pénible de récupérer cette dette. Je les avais soulagés de ce poids. Il fallait que je réussisse, sinon c’est envers moi qu’ils auraient une dette, et ça je ne le voulais pas.

Ceci dit, je n’avais aucune idée de comment j’allais réussir. Stéphanie me connaissait, j’étais son maire, mais s’il s’avérait qu’elle était réellement criblée de dettes, j’aurais du mal à lui faire cracher le fric qu’elle n’avait pas.

Et nous étions des gens civilisés, je n’allais pas lui mettre le couteau sous la gorge.

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