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Le miracle – Chapitre 1

Le miracle - Chapitre 1



La vie, c’est comme une boîte de chocolats fourrés à la merde : pleine de promesses irrémédiablement déçues. Du moins, j’en avais la conviction il y a encore de cela 20 minutes. Avant que je ne découvre le chocolat fourré au nougat planqué au fond de cette fameuse boîte de l’existence. Bref, avant le miracle !

Pourtant, ma journée s’annonçait aussi palpitante qu’un encéphalogramme plat. Après m’être levé à la bourre comme tous les jours je me brossais les dents et rinçais le tout avec un fond de café froid de la veille, histoire de gagner du temps. Toujours dans un souci d’optimisation, je profitais de ma cavalcade dans les escaliers de mon immeuble pour me coiffer à coup de doigts. Non pas que j’avais grand espoir d’atténuer le désastre provoqué par une nuit de sommeil sur des cheveux gras, mais je pourrais au moins prétendre avoir subi un accident de gel.

Alors que je dévalais la rue en direction d’une bouche de métro, une décharge électrique traversa mon corps de la tête aux orteils. Et attention, pas la petite patate genre léchage de pile, mais plutôt le croisement contre nature entre un taser et une batterie de voiture. Chance dans mon malheur, je n’eus même pas le temps de crier que la douleur refluait. Je m’accordais un court instant de répit avant que ma saleté de cervelle me rappelle l’existence de mon antipathique patron et de l’unique avertissement qui me séparait de pôle emploi. Je repris ma course effrénée… sur quelques mètres seulement. Un truc clochait. Ou plutôt, deux trucs.

Mes mains ! Mes mains avaient disparu !

Un rapide examen confirma que le reste de ma personne avait connu le même sort. Par pur esprit scientifique, j’agitais des doigts d’honneur directement sous le nez de passants afin de tester la nature solitaire ou collective de mon hallucination. À moins d’être tombé sur une improbable délégation de Parisiens ceintures noires de zénitude, le problème ne venait pas de ma tête.

J’imagine que j’aurais dû paniquer. Me demander comment revenir à la normale. Mais quitte à avoir été considéré comme un simple élément de décor toute ma vie, ce cadeau divin pour incroyant m’ouvrait d’immenses possibilités. Certes, je galérerais pour me raser, mais, invisible, je pouvais voler une banque et ne plus avoir à me tanner l’arrière-train dans un boulot ingrat. Invisible, je pouvais aussi…

J’aperçus Amanda au bout de la rue. Tête haute, sa longue chevelure blonde nouée en queue de cheval stricte ballottait au rythme de ses pas.

Bordel de cul de nonne ! La fortune attendrait.

Je calais ma foulée sur celle décidée de la jeune femme en prenant soin de ne percuter personne. Comme je n’avais plus à me soucier des éventuels froncements de sourcil désapprobateur des passants, je me perdis sans retenue dans la contemplation du postérieur devant moi. Un tailleur de cuir le moulait avec une telle perfection qu’il crachait sur le concept même d’imagination. Ce qui n’empêchait pas mon imaginaire de fonctionner à plein régime.

Ah. Amanda. Je ne comptais plus le nombre de fois ou j’avais voulu l’aborder avant de me dégonfler comme une pathétique baudruche. Tout ce que je savais d’elle, c’est qu’elle bossait de nuit, car je la croisais retournant à son appartement chaque matin. D’ailleurs, elle ne s’appelait même pas Amanda. Ça, c’était juste un surnom en honneur à la forme de ses yeux bleus. Des yeux sublimés par des petites lunettes sévères d’institutrice qui me donnaient envie de l’appeler maîtresse pour des raisons que l’éducation nationale désapprouverait.

Ignorant mes élucubrations intérieures, Amanda s’arrêta devant le seuil de son immeuble, pianota sur le digicode et poussa le lourd ventail de la porte du hall. Je saisis l’opportunité pour me faufiler à sa suite. Visiblement pressée de rentrer, la jeune femme monta quatre à quatre les marches du vieil escalier en bois. Je lui emboîtais le pas prudemment.

Arrivée au deuxième étage, Amanda farfouilla dans son sac à main à la recherche de ses clés. Elle se tenait penchée en avant pour s’éclairer à la faible lumière de l’unique néon du couloir. J’en profitais pour fouiller du regard l’intérieur de son décolleté. Son chemisier déboutonné stratégiquement dévoilait une lourde poitrine dans laquelle mordait le liseré de dentelle d’un soutien-gorge noir. Je déglutis devant ce spectacle et faillit manquer l’ouverture de la porte de l’appartement. Je serrais le ventre pour ne pas être percuté par le battant qui se refermait.

Amanda poussa un long soupir qui fit écho à celui que j’exhalais intérieurement. Sans même vérifier sa visée, elle jeta son sac à main sur la banquette d’un salon aussi coquet qu’une page de catalogue IKEA. Les fesses contre la porte, elle retira ses escarpins et massa ses pieds endoloris. Étrangement, ses gestes secs et sans fioriture m’apparaissaient plus érotiques encore qu’une danse lascive. Pour ne rien gâcher, sa pose accentuait ses courbes généreuses. De sa poitrine à son ventre en passant par ses cuisses, son corps criait moelleux et volupté.

Les pieds soulagés, Amanda se dirigea vers une pièce dans laquelle je distinguais le montant d’un lit. En chemin, elle fit glisser son chemisier de satin par-dessus sa tête et l’abandonna au sol. Dans la chambre, elle dandina des hanches pour libérer le cuir serré de son tailleur et le descendre le long de ses jambes. Le mouvement entraîna partiellement son string dans la chute, dévoilant deux fossettes en haut de ses fesses.

Je remarquais que j’étais resté planté dans l’entrée lorsque je repris une longue inspiration. Je ne comptais pourtant pas rater le dernier acte du spectacle, aussi je m’approchais à pas feutrés. Amanda finissait d’enlever son string. Je me régalais de sa toison blonde qui ne cachait qu’à peine les délicates lèvres de son sexe. J’avais donc vu juste. Pas de teinture en jeu. La jeune femme s’avança jusqu’à un miroir sur pied placé dans un angle de la pièce où elle libéra sa chevelure qui cascada entre ses omoplates telles une rivière d’ambre.

Je retins un rire. Une rivière d’ambre ? Mes envolées lyriques s’arrêtaient habituellement à l’adjectif « bonne », à croire que l’excitation me rendait poète.

Dans une mise en abîme érotique, je repris mon observation d’Amanda en train de s’observer. Sa poitrine semblait vouloir échapper aux remparts de sa lingerie noire. Ce qui se produisit lorsque la jeune femme dégrafa son soutien-gorge d’un geste expert. Je ravalais de justesse un « Whoâ » appréciateur. Par je ne sais quel miracle de géométrie non euclidienne, ses seins s’avéraient plus gros encore que mon imagination ne l’avait anticipé. Tombant légèrement sous leur poids, leur forme de goutte s’achevait sur un mamelon à peine visible sur la peau diaphane. Cela mettait en valeur le rose de ses petits tétons gonflés par l’air frais de la chambre.

Une légère crispation déforma le sourire d’Amanda. Elle saisit ses seins à pleine main et les comprima contre son torse, produisant de généreux bourrelets entre ses doigts, avant de les relâcher. Sa poitrine dansa un instant. Le visage de la jeune femme s’assombrit un peu plus, comme confronté à des défauts qu’elle seule discernait. Il n’y avait pourtant pas de quoi être déçue. Uniquement habillée de ses lunettes, dépourvue de tout artifice et attitude, Amanda incarnait la nudité dans son essence la plus pure. J’en savourais chaque détail, poussant le vice et le risque jusqu’à me pencher à quelques millimètres de sa peau pour ne rien rater de ses formes. La courbe de ses hanches guida mon exploration vers le gouffre de ses fesses dans le prolongement duquel je distinguais le dôme de son sexe. Je glissais jusqu’au duvet blond lové entre ses cuisses avant d’escalader les rondeurs de son ventre, puis de sa poitrine dont le galbe se balançait au rythme de sa respiration.

J’achevais ma contemplation au sommet de ses tétons, dressés comme un appel à mordre. Impossible de détacher mon regard de tant de douceur. Juste là. Tout près. Si près.

Mec ! Avec ta séance de rinçage oculaire en loucedé, t’as franchi assez de lignes rouges pour remplir 8 procès verbaux ! Tu vas pas en plus essayer de la tripoter ?!

Et merde. La petite voix de ma conscience, qui avait gardé son caquet bien fermé jusque-là, se rappelait à mon bon souvenir.

Bah justement. Foutu pour foutu ? rétorquais-je.

Enfoiré de sodomite anémique ! T’as été bercé entre des cailloux ou quoi ? Je te dis de pas aggraver ton c…

Ma main se dirigeait déjà vers sa cible. Ma conscience avait toujours été aussi vulgaire que facile à ignorer. Je voulais toucher. Il fallait que je touche. Rien qu’un peu. Du bout des doigts. Avec la légèreté d’une brise. Amanda ne le remarquerait même pas.

Et en effet. Elle ne remarqua rien lorsque ma main la traversa complètement avant de réapparaitre dans son dos. Je me figeais une très longue seconde, soit juste assez pour laisser le poids de la réalisation me percuter avec la délicatesse d’un 33 tonnes. Le hurlement d’une sirène, que j’avais ignoré jusque-là, m’attira vers la fenêtre proche. Une dizaine de personnes agglutinée dans la rue en contrebas observait deux ambulanciers affairés sur un corps.

Je lâchais un unique et laconique « Oh. »

Oubliez ce que j’ai dit. Je confirme. La vie c’est comme une boîte de chocolats fourrés à la merde : pleine de promesses irrémédiablement déçues.

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