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Le Resort – Chapitre 13

Le Resort - Chapitre 13



(Nda : Les lecteurs auront intérêt à lire ou relire l’Envol des tourterelles’ afin de mieux saisir le sens de certains passages)

 J’avais regagné ma chambre en fin de soirée, accompagné d’un G.A.S. qui ne m’avait pas quitté d’une semelle, obéissant aux instructions strictes de Jean-Moïse, le Chef de la Brigade de Sécurité.

 Cette journée d’hier a décidément connu un emploi du temps rempli de contrastes. Autant la journée s’était passée calmement, dans le repos et la méditation, autant la soirée avait été mouvementée et surtout, éreintante. L’activité éprouvante que constitue le Carrousel m’avait littéralement jeté par terre, au bout de mes forces, après quoi j’avais dû gérer une crise impliquant le lien sentimental illégitime entre Catherine et Alicia. C’est avec cette dernière, que je voyais pour la première fois, que j’eus aussi l’occasion de faire le point sur sa relation d’amour avec Sophie, sa conjointe. Fortifiée par mes soins personnels, Alicia avait pu reprendre contact avec la réalité de son couple légitime et envisager l’avenir avec un peu plus d’espoir, bien que cet avenir demeure toujours encore une source importante de craintes et d’inquiétudes. 

 Sophie et Alicia mouraient maintenant d’envie de se revoir. Il me fallait les réunir au moment propice, dans des circonstances sécuritaires et, encore plus important, planifier leur départ de cette île maudite ainsi que celui de Catherine et le mien. Mais comment faire ? Sur cette île isolée, sans lien téléphonique ou internet avec le continent, équipée d’un système de surveillance électronique blindé et peuplée de Gentils Agents de Sécurité omniprésents, toute tentative d’évasion semblait impossible.

 Ma réflexion prend fin abruptement lorsque, vers huit heures trente le matin, on frappe violemment à ma porte.

 « Ouvrez ! Sécurité ! m’ordonne une voix familière. »

 Trois hommes en uniforme pénètrent dans ma chambre. Jean-Moïse est parmi eux. Il semble diriger les opérations :

 « Fouillez partout, les tiroirs, sous le matelas, derrière les meubles, partout !

 -Vous croyez que c’est lui, Chef ? répond l’un d’eux.

 – Peut-être On le saura assez tôt, hoche l’Haïtien. »

 « Bonjour Monsieur, s’adresse-t-il à moi. Comment allez-vous ce matin ?

 – Pas trop mal, je réponds, un peu surpris par cette manifestation de politesse.

 – On effectue présentement des recherches dans votre chambre. Des micros cachés par exemple. Notre conversation sera confidentielle et doit rester secrète.

 – Et ceux-là ? dis-je en désignant les hommes que je vois tourner mes tiroirs à l’envers.

 – Ne craignez rien. Ce sont mes hommes de confiance. Ils vont tout remettre en place. »

 Nous sommes assis face à face. Il approche sa chaise de la mienne. Il me tend la main et, d’une voix plus basse mais toujours grave :

 « Mon nom est Jean-Moïse St-Louis, je suis responsable de la sécurité ici, depuis bientôt un an. Dites-moi, Monsieur Simpson, qu’êtes-vous venu faire ici ? »

 Sa question me surprend. Il sait pourtant pour quels motifs les membres Actifs se retrouvent à StoryX Island. Son ton n’est toutefois pas agressif, mais plutôt amical.

 « Question d’argent et de dettes, bien sûr, poursuit-il sans attendre ma réponse. Mais dans votre cas, certains de nous ont des raisons de croire qu’il y a plus que ça chez vous. »

 Je m’apprête à lui exprimer mon incompréhension la plus totale concernant sa dernière affirmation. Notre conversation se fait toutefois couper par l’intervention d’un des deux gardes chargés des fouilles :

 « Rien trouvé, Chef. Pas de micro. Mais nous avons ÇA, lui présentant un petit objet se trouvant dans le creux de sa main.

 – Excellent, Charles ! Donne-moi ce petit bidule.

 – Mais, c’est à moi, ça ! que je dis, interloqué. C’est ma clé USB !

 – Soyez sans inquiétude, m’assure Jean-Moïse. Nous allons en prendre soin. Je vous dois d’abord des explications. »

 Les deux subalternes ont quitté la chambre. Je me retrouve seul avec le Noir qui entreprend son histoire :

 « Voilà. Lorsque j’ai pris mon service ici, il y a deux ans, j’ignorais tout de ce qui se passait sur cette île. Avec le temps, j’ai découvert l’atroce vérité, au fur et à mesure que je montais dans la hiérarchie et que je m’approchais d’Evnika, qui est la grande patronne ici.

 « Depuis longtemps, je ne peux plus supporter de voir et d’assister à ces scènes d’agressions et de tortures orchestrées par la Grande. Et je ne suis pas le seul. Mon désir est de voir cette île libérée de cet esprit de malédiction qui pèse sur elle mais, comme vous le savez, son enceinte est extrêmement bien sécurisée.

 « J’avais donc décidé d’attendre et de me montrer patient, malgré le fait que les choses dont j’entendais parler me répugnaient de plus en  plus. Puis un jour, j’eus l’idée, ayant rencontré ici une femme membre Sélect qui s’avérait être aussi une voyante, de la faire lire dans les excréments d’Evnika afin de connaître ses faiblesses et de mieux la combattre. »

 J’écoute avec une grande attention. Jean-Moïse s’est rapproché de moi. Son ton est maintenant presque confidentiel. Je l’empresse de continuer son récit :

 « Et, qu’a trouvé la voyante dans le caca de la Grande ?

 – Et bien, voilà : Evnika suit une diète végétarienne certifiée bio.

 – Voilà pourquoi elle n’a pas une once de graisse. C’est aussi ce qu’elle a affirmé en ma présence lorsque je me trouvais chez elle.

 – Exact ! Ce qui prouve que la voyante disait vrai. Mais il y a plus.

 – Ah oui ?

 – Tout à fait : son régime est totalement sans gluten.

 – Oh ! Voilà pourquoi le merdeux mollard qu’elle m’avait craché dans le fond de la gorge manquait d’élasticité !

 – Exact ! Mais il y a encore plus.

 – Tiens tiens. Je sens qu’on s’approche de quelque chose de sensible.

 – Je ne vous le fais pas dire : le papier hygiénique qu’elle utilise n’est pas biodégradable. Ses agissements mettent toute la planète en danger.

 – Quelle insulte impardonnable faite à l’environnement! approuvé-je.

 – Et elle a cessé de fréquenter la Rôtisserie St-Hubert de Fort Lauderdale en Floride, causant la fermeture du restaurant.

 – Quel impact économique épouvantable ! je fais remarquer.

 – Ce sont surtout les snowbirds québécois qui en ont le plus souffert. »

 L’Haïtien fait une pause, puis :

 « Mais tout cela, c’est de la foutaise ! C’est ce que je vais vous dire maintenant qui est important. À un certain moment donné, pendant son travail, la voyante est entrée en transe. Au début, nous croyions tous que c’était un malaise causé par la forte odeur qui émanait de cette foutue merde, mais non ! La femme s’est mise à prophétiser sur l’avenir de l’île.

 – Fascinant ! Et, c’était quoi la prophétie ?

 – Elle comportait plusieurs volets. Premièrement, la prophétie affirme que la délivrance des habitants de l’île viendrait à travers une personne manifestant une vitalité spéciale. »

 En me disant cet énoncé, Jean-Moïse me fixait droit dans les yeux.

 « Monsieur Simpson, vous correspondez à ce qu’affirme la prédiction. Nos systèmes vous ont dépisté dès votre arrivée ici. Vos capteurs nous envoient des signaux témoignant d’une vitalité exceptionnelle chez vous.

 – C’est peut-être vrai, ce que vous dites, mais je ne vois vraiment pas comment »

 Il me coupe la parole et poursuit :

 « Le second volet de la prophétie mentionne que la délivrance se fera par des paroles prononcées par une personnalité qui sera grande, célèbre, mais controversée bien que totalement sûre d’elle-même.

 – Ben, vous voyez bien que ce ne peut être moi. Je n’ai absolument rien d’un orateur !

 – Le dernier volet de la prophétie affirme finalement avec autorité que la délivrance est maintenant à portée de la main, fait-il en me remontrant ma clé USB au fond de sa main.

 – Quoi ! C’est une clé USB ! que je réponds, interloqué.

 – À portée de la main’, au creux de la main’, vous voyez une différence entre les termes, vous ?

 – Mais cette clé ne contient que l’enregistrement d’un récent discours du Président des États-Unis ! Je suis analyste politique et écrivain et j’avais apporté cette pièce avec moi. C’est complètement absurde !

 – Je comprends votre réaction, monsieur Simpson, mais la prophétie, moi, j’y crois. Et d’ailleurs je ne suis pas le seul. Avec ou sans votre permission, je vais faire expertiser cette pièce par nos informaticiens, qui marchent pour la plupart à nos côtés dans cette histoire.

 – Comme vous voudrez, je n’en avais plus que faire, de toute façon. »

 Comme l’Haïtien se dirige vers la porte, sur le point de me quitter en possession de ma clé, je lui adresse une requête :

 « Jean-Moïse, tenez-moi au courant, voulez-vous ? Et j’aurais une chose à vous demander, si c’est possible.

 – Je suis à votre service. Comment puis-je vous aider ?

 – Dr LeBel aimerait revoir sa conjointe. Elle est ici sur l’île. Son matricule est le 457 et son nom est Sophie Durocher. Pouvez-vous nous aider ?

 – Cette nuit, à 01h00, je vous amènerai ici cette dame, et je vous conduirai tous deux personnellement chez la docteure LeBel, si le tout vous convient, comme de raison.

 – Super ! Merci ! Ça me va parfaitement comme ça. Mais ne révélez pas à Sophie l’objet de sa sortie avec vous. »

 Me revoilà seul. Je réalise à peine ce que je viens d’apprendre. Très discrètement, sans aucun bruit, un mouvement de révolte dont on ignorait l’existence s’organisait lentement, et ce, depuis déjà quelques temps. Le tout était en latence, en attendant que les éléments prophétiques révélés dans le caca d’Evnika se manifestent. Et j’étais mentionné dans ces prédictions ! Qui eût cru qu’un tas de merde m’eût crédité d’une telle importance !

 Il ne me reste maintenant qu’à attendre. Attendre que la nuit tombe. Attendre de savoir de quelle utilité pourrait être le fichier mp4 stocké dans ma clé USB. J’anticipe déjà le moment où les deux tourterelles se retrouveront. Mais je redoute aussi la réaction de Sophie, alors qu’elle apprendra la relation particulière qui s’est installée entre Catherine et la femme de sa vie.

 En milieu d’après-midi, nouvelle visite du Chef de la Brigade. Jean-Moïse m’apparaît tout souriant, l’air presque triomphant.

 « Monsieur Simpson, bonne nouvelle ! C’est cette nuit que ça se passe !

 – Mais, de quoi parlez-vous ? je réponds, étonné et surpris de ce soudain élan d’enthousiasme.

 – Mais, la libération de l’île ! Nous avons tout ce qu’il faut maintenant et sommes prêts à passer à l’action !

 – Donc, vous avez un plan et croyez qu’il fonctionnera ?

 – Sans aucun doute et ce, grâce à votre précieuse contribution.

 – Je ne comprends pas

 – Oui, tout à fait ! Vous vouliez des nouvelles concernant le fichier stocké dans votre clé USB ? Eh bien voici : le discours que vous avez enregistré a été converti en langage informatique par nos experts informaticiens rebelles qui en ont produit un exécutable sous forme de virus. Les propos du Président des États-Unis contiennent tellement de contradictions et d’incohérences qu’une fois transposées en lignes de code, le fichier qui en résulte devient assez puissant pour faire sauter tous les mécanismes de protection de serveurs du calibre de ceux du Pentagone, par exemple.

 « Cette nuit, donc, pendant la période de maintenance, nous comptons contaminer tous les serveurs en fonction sur l’île. Cela devrait être suffisant pour faire tomber tous les pare-feu empêchant les membres du Club de communiquer librement avec le continent et le reste du monde. Ce sera l’Opération Mur de Jéricho. À partir de ce moment, rien n’empêchera quiconque de lancer des appels à l’aide autour de la planète et d’alerter les autorités policières. »

 Le Chef de la Brigade prend un air solennel :

 « La prophétie est en train de se réaliser, monsieur Simpson, et ce, grâce à vous. Demain sera un grand jour ! »

 Jean-Moïse me quitte, non sans fierté. Il relève de leur fonction les deux gardes qu’il avait postés à ma porte. Je suis maintenant à moitié libre.

 Demain, notre liberté sera totale. La mienne, celle de mes amis, celle de toute l’île de StoryX.

 (À venir : Douloureuses retrouvailles)

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