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Lioubov à l'Abbaye de Ker Ozen – Chapitre 6

Lioubov à l'Abbaye de Ker Ozen - Chapitre 6



Monseigneur Deport était un éminent démonologue ; beaucoup s’imaginaient qu’il parlait tout seul et s’adressait aux esprits. En réalité, lorsqu’au cours d’entretiens dans son bureau avec des visiteurs il lâchait quelques onomatopées qui n’avaient rien à voir avec la conversation en cours, il formulait plutôt des encouragements au jeune vicaire caché sous sa soutane qui, avec application, tutoyait le pontife avant de lui faire mousser le créateur.

Le brave évêque avait de suite remarqué ce jeune séminariste aux traits féminins dont la large bouche suggérait naturellement ce qu’on pouvait en faire. Aussi, dès la fin de ses études théologiques, le prélat avait-il prit sous sa protection en qualité de secrétaire particulier l’Abbé Zéhassec. Celui-ci comprit bien vite que pour obtenir le salut de son âme, il lui faudrait faire des sacrifices et s’habituer à recevoir quotidiennement le gros goupillon de Monseigneur dans le fondement.

Un matin de juin, Monseigneur Deport, tout en buvant un café, prit connaissance de la lettre du Père Plex pendant que l’Abbé Zéhassec commençait à lui délivrer sa matinale gâterie buccale. L’évêque fut ébranlé par ce qu’il lisait ; il interrompit son vicaire et décida toutes affaires cessantes de partir immédiatement pour l’abbaye de Ker Ozen avec le secret espoir d’exorciser le Père Igor.

Au même moment, le juge Mandernié lisait distraitement la même missive, se souvenant vaguement de cette vieille histoire qui n’avait plus de raison d’être car la plaignante avait quitté le bordel de la Mère Dalor et renoncé à poursuivre son ex-mari. Par contre, découvrir la vérité sur cette transformation en loup représentait surtout pour lui l’occasion inespérée de faire une escapade bretonne en compagnie de sa nouvelle greffière, la jeune Émilie des Vers Gondés avec qui il entretenait une relation assez particulière.

En effet, dès leur première entrevue, il y avait eu entre eux une sorte de fusion de l’esprit, et un simple échange de regard leur suffisait pour se comprendre et lancer une mauvaise blague. Parfois, il leur suffisait de concentrer tous les deux leurs forces mentales pour parvenir à déplacer un objet. Ils s’entendaient comme larrons en foire, et ceux qui les croisaient avaient souvent la curieuse impression d’avoir vu deux diablotins.

Eux aussi prirent la route de Ker Ozen ; ils arrivèrent à l’heure du souper dans un village proche de l’abbaye. Ils sinstallèrent dans l’unique auberge et se mirent à table pour dîner. À une autre table de cette grande salle, Monseigneur Deport et l’Abbé Zéhassec commençaient à déguster leur soupe. En attendant d’être servie, Mademoiselle des Vers Gondés se mit à fixer intensément la petite croix qui pendait autour du cou de l’évêque ; et comme par enchantement, le minuscule Christ se détacha de la croix et tomba dans l’écuelle de soupe, éclaboussant le prélat.

L’évêque repêcha son Christ et l’essuya avec sa serviette. Remarquant alors le large sourire dÉmilie, il se douta bien qu’elle ne devait pas être étrangère à cet incident. Il sembla s’adresser à elle en grommelant quelques mots. La jeune fille crut entendre quelque chose comme « Va au bistro, grosse pouffiasse ! » Elle s’apprêtait à se lever pour aller tremper le nez de cet ecclésiastique impoli dans son écuelle, mais le juge Mandernié, la retenant par le bras, lui expliqua qu’il avait prononcé une phrase en latin : « Vade retro Satanas ». Le repas se termina sans autre incident, mais l’animosité entre Monseigneur Deport et Mademoiselle des Vers Gondés était palpable.

Le juge et sa greffière avaient pris une chambre avec un grand lit en prévision de la nuit de galipettes quils sétaient promise ; et sitôt la porte fermée, ils sétaient mis à l’aise et avaient commencé leur ronde amoureuse. Ils furent interrompus dans leurs ébats par du bruit provenant de la chambre contiguë à la leur. En effet, Monseigneur Deport n’avait pas vraiment apprécié ni la chute du Christ dans sa soupe, ni le sourire ironique de la jeune Émilie : il jurait comme un apostat et passait sa colère sur son vicaire. Aussi, lorsqu’il exhiba son gros gland aussi violacé que sa calotte épiscopale, l’Abbé Zéhassec s’agenouilla et le prit en bouche en fermant les yeux comme s’il recevait la communion. Il suça longuement son évêque avec dévotion jusqu’à ce que celui-ci, secoué de spasmes, se déverse dans la bouche du jeune abbé qui avala la semence jusqu’à la dernière goutte.

Le lendemain matin, le juge et sa greffière, le prélat et son vicaire arrivèrent presqu’en même temps à l’abbaye de Ker Ozen. Le Père Plex fit de rapides présentations et leur exposa la situation. L’évêque enfila alors sa tenue d’exorciste sous les regards amusés du juge Mandernié et de Mademoiselle des Vers Gondés. Un petit cortège muni de torches se forma et commença à descendre les escaliers qui conduisaient à la crypte. De nombreux moines suivaient ce petit groupe car ils voulaient voir dans quel état se trouvait le Père Igor.

Devant la lourde porte de la crypte, tous firent silence ; il n’y avait aucun bruit. Était-il mort ?

Finalement, le Père Pignant ouvrit doucement la porte qui grinça sur ses gonds, et tous pénétrèrent dans la vaste crypte, le regard tourné vers la voûte où la cage était accrochée.

Un murmure de stupeur et de désappointement parcourut l’assistance : la lourde cage était vide ! (elle avait un joli nom mon guide…)

Pourtant elle était toujours aussi bien cadenassée, et les barreaux était intacts : le Père Igor s’était mystérieusement volatilisé. Tous cherchaient des traces sur le sol de terre battue pour essayer de comprendre par où et comment avait il pu disparaître. Ils finirent par trouver un os courbé bizarrement ; c’était sans aucun doute le fameux baculum dont les bonzes avaient fait mention, l’os qui permet à certains mammifères de pénétrer la femelle sans avoir d’érection et de bander après, une fois bien installés. Ils trouvèrent également par terre un phallus de taille plus que respectable, tout lisse, en quartz rose, qui reflétait la lueur des torches.

Personne ne comprenait la présence de cet objet insolite en cet endroit ; les avis étaient partagés. Certains comme le Père Ledelakadémy prétendaient que c’était bien le sexe du Père Igor qui, une fois transformé en pierre, avait fini par se détacher de son corps suite au coup de couteau du bonze Har Yen. D’autres disaient en riant que leurs prédécesseurs avaient certainement dû faire quelque monstrueuse orgie dans cette crypte.

Tous papotaient autour de ces deux objets, oubliant pourquoi ils étaient ainsi descendus dans les tréfonds de labbaye. L’abbé Zéhassec, les joues empourprées, regardait avec envie ce sexe de quartz au toucher froid, mais si soyeux. Monseigneur Deport commençait à s’impatienter et aurait bien voulu quitter ce lieu au plus vite car il n’y avait plus rien à exorciser.

Soudain, un cri strident résonna dans la crypte, provoquant un silence total : c’était Émilie qui venait de hurler ; elle tremblait comme une feuille, pointant sa main vers un recoin de la salle : « La bit, la bé, la bébé, la bête ! Elle est là ! »

Tous les regards convergèrent alors vers l’endroit désigné par Mademoiselle des Vers Gondés ; et effectivement, dans la pénombre luisait une paire d’yeux rouges

(à suivre)

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