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Xanths – Chapitre 5

Xanths - Chapitre 5



Salut à tous! Merci pour vos retours positifs sur les derniers épisodes, ça me motive vraiment pour la suite. Vous avez dû remarquer que le dernier épisode était moins orienté érotisme que les précédents: j’ai préféré développé l’histoire et les personnages à la place. 

***

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Romane

Je courrais à en perdre haleine, grimpant les marches du chemin quatre à quatre. La faible lueur émise par la lune ne me permettait pas d’y voir clairement, et je trébuchai souvent, raclant mes genoux à peine refermés sur le sol rocailleux de la falaise. Pour la première fois, mon bras me faisait mal : j’avais retiré les lianes depuis deux jours, ne ressentant aucune douleur ; alors pourquoi avais-je mal de nouveau ? Je tombai, me relevai, courrai encore, essayant d’esquiver les roches et les gravats.

Finalement je parvins à me rendre au-dessus de la cachette de Septima, cachée par un buisson. Je tirai sur la trappe en bois, manquant de m’arracher le bras au passage. J’eus un cri de douleur, mais parvins tout-de-même à entrer dans la cachette : elle était vide. La sacoche de la jeune femme était par terre, son couteau juste à côté : exactement comme les trois fois au cours desquelles elle s’était éclipsée. J’avais beaucoup de mal à mouvoir mon bras : je m’en rendis compte en fouillant ses affaires. L’on n’y voyait rien, et rien ne m’indiquait par où elle était partie. Il ne lui restait que deux sorts : l’un, gris, de vision nocturne, et l’autre, violet, de souvenir. Je pris le gris dans ma main, et agissant comme Septima m’avait appris (il suffit de penser à activer le sort, tout simplement ; pour d’autres, comme le mirage, il faut visualiser ses effets). Il se dissipa, et tout de suite je pus observer mon entourage comme en plein jour : il se dégageait une lumière blanche des objets qui m’entourait. Septima n’était pas ici.

Je sortis de sa cachette, et fis un trois cents-soixante pour essayer de a repérer : elle se trouvait en bas de la falaise, marchant tranquillement vers la forêt, comme hypnotisée. Mon bras se mit à pendre dans le vide, me provoquant une douleur qui remontait le long de mon cou : j’étais devenu incapable de le mouvoir. Qu’était-il en train de se passer ? Je décidai de serrer les dents, et me mis à dévaler la falaise en courant. Mes actions étaient facilitées par le sort, mais à tout moment je risquer de me casser la figure ; cette fois je ne pourrais pas m’appuyer sur mon bras. De toute façon j’avais l’esprit trop focalisé sur Septima pour me poser des questions. Une fois en bas de la falaise, Septima entra dans la forêt, à presque deux cents mètres de moi. Je me mis à courir, traînant mon bras du mieux que je pouvais, devenu complètement amorphe. Je finis par y entrer : sans faire exprès, je levai mon bras pour écarter les feuilles de mon passage ; je pouvais à nouveau le mouvoir. C’était incompréhensible.

Je marchais prudemment, essayant de faire le moins de bruit possible : à la vitesse où Septima semblait marcher, elle ne pouvait pas être bien loin. Mes yeux s’écarquillèrent lorsque je l’aperçus enfin.

Je crus tout d’abord qu’il était en train de la prendre par la vulve. Mais ce n’était pas le cas. Il lui prenait le cul. Septima se trouvait nue, à quatre pattes, les cuisses grandes écartées : elle se cambrait au maximum, roulant les yeux dans ses orbites et bavant de plaisir. Lui, derrière, la tenait par les fesses, en la possédant par l’intermédiaire de grands coups de reins qui la faisait hurler de plaisir. Il était gigantesque, aussi grand que les ogres de la garde, mais très squelettique. Il était noir, et possédait deux grandes ailes sur le dos, et des oreilles très larges en forme de pointe. Surtout, il ne possédait qu’un il, gigantesque au milieu de sa figure, rouge sang, la pupille aussi verticale que celles des chats. Sa langue pendant de sa bouche alors qu’il la secouait dans tous les sens. Les seins de la jeune femme se mouvaient dans tous les sens, gémissants des mots incompréhensible, un rictus de plaisir sur son visage.

La chose se retira de son cul, et son sourire disparut. Sa bite était de bonne taille, pas aussi importante que celle des ogres, mais sûrement assez pour procurer mille plaisir, et plus que les gobelins. Elle tendit les fesses, simulant le coït, avant de murmurer :

— Pitié Maître, pitié Je vous en prie, ne vous arrêtez pas, c’est trop bon.

Il prit la parole : sa voix était très grave, elle me faisait peur à elle seule. J’étais complètement terrorisée par cette bête de cauchemar. Heureusement que le sort de vision nocturne était actif : je n’aurais peut-être pas tenu sans, si je n’avais pu voir que son il rouge briller dans le noir complet.

— Hum Je ne sais pas trop. J’ai bien envie de continuer mais comme tu m’as déjà refusé beaucoup de choses Peut-être que si tu m’autorisais à passer par tes cuisses, je pourrais faire un effort ? Est-ce que tu m’autorise à te prendre par le ventre ?

— Non, Ah Que par le cul, s’il vous plait

Elle riait en même temps, comme une enfant. Ses paroles étaient trop simples : ça n’était pas la Septima que je connaissais, celle qui détestait les hommes. C’était quelqu’un d’autre, elle était trop soumise pour cela. La chose glissa un doigt sur son cul, que je devinais encore tout ouvert de son coït, et commença une série de petits cercles, avant de murmurer de nouveau :

— Alors je vais te laisser ici Et tu ne seras pas en mesure de venir toute seule. Romane t’as quitté, tu es libre maintenant, et devrais en profiter non ? Si tu m’autorise, je repasserai par tes fesses, je te le promets Je l’ai déjà fait tellement de fois

— Si vous promettez Alors d’accord

— Pardon ? Tu m’autorises ?

— Ou Oui.

Son il se mit à briller, un court instant, et un large sourire exhiba une rangée de dents acérées ; deux d’entre elles, ses canines, étaient beaucoup plus longues que les autres. Il plaça le bout de sa queue sur la foufoune de Septima, et donna un grand coup de rein pour entrer en elle comme dans du beurre. La belle hurla de plaisir, toute contente, se trémoussant au bout du membre de son amant. Le spectacle commençait à m’échauffer, mais il fallait que j’agisse rapidement, sinon la créature cracherait sa semence au fond de son ventre, et Septima serait perdue. J’attrapai le couteau de Zvolk, le serrant fort dans ma main, et bondis en direction de la chose : je n’eus le temps de rien faire, il leva sa main, et ça me fit heurter un mur de verre, me sonnant.

— Oh Tu as presque failli m’atteindre. Enfin tu aurais pu, si je n’avais pas déjà détecté ta présence il y a une demi-heure. Tu ne peux pas l’atteindre non plus, cette fille est à moi, tu entends ?

Je parvenais difficilement à articuler : une douleur atroce se mit à émaner de mon bras, contre toute attente. Il s’effondra : je ne parvenais plus à le mouvoir, de nouveau. De mon autre main, je tapais contre le mur invisible, le cognant sans pouvoir le briser. Septima hurla de plaisir, et la bête lui assena une violente fessée qui lui provoqua un long gémissement. Je me tus : l’on pouvait entendre un « floc » à chaque coup de burin que la bête lui assénait : Septima mouillait plus que jamais. Et ça fit hurler la bête de rire.

— Tu entends ? Elle a l’air de prendre beaucoup de plaisir. Et si tu nous laissais tranquille ? Cette fille est à moi, un jour ce sera probablement ton tour. Sois patiente, tu apprécieras tout autant.

— Qu’est-ce que vous lui avez fait !

— Quoi, à Septima ? Rien du tout. Tu l’as entendu comme moi, elle m’a permis d’entrer, je suis entré, c’est tout. Tu devrais plutôt me remercier, sans mon intervention, ton bras serait en mille morceaux. Et puis elle crie fort, ton amie

Septima hurlait de plaisir, les yeux plongés dans le vide, roulant dans les orbites de son crâne. Elle leva la tête vers moi, un sourire aux lèvres.

— Laisse-nous Romane, tu gâches tout Laisse nous tranquille.

La bête hurla de rire ; moi, je tremblais.

— Raconte pas de bêtise. Septima ! Réveille-toi, putain. Allez !

— Tu l’entends aussi bien que moi, intervint la chose. Pars, et ne reviens jamais. Sinon je m’occuperai de toi. Oh ! Salope, ses cuisses ne sont pas très serrées, elle doit avoir l’habitude de les ouvrir. Peu importe, je ne tarderai pas.

La chose la saisit par les cheveux, relevant sa tête vers le ciel et la poussant à se cambrer plus encore. Je tapai contre la vitre, inefficace. Il sortit complètement de son vagin, lui arrachant un gémissement de désapprobation. Il entra dans son cul, et son sourire revint. La bête saisit Septima par les cuisses et la releva, la portant à bout de bras. En riant, il plaça ses incisives sur son cou : elle pencha la tête pour le laisser faire, et il la mordit, suçant son sang. Je tapais contre la vitre, elle riait et se balançait sur la queue de son amant, les bras ballants. Bien sûr je criai, protestai, mais c’était inefficace. J’essayai de contourner le mur, par la gauche ou par la droite, en vain. La jeune femme eut un orgasme, car elle fut parcourue de long frissons et de vagues de plaisir ; de la mouille gicla de sa fleur. La chose relâcha Septima, qui s’effondra sur le sol, avant de la pénétrer de nouveau par le con. Cette fois il allait vraiment venir en elle. Une larme commença à perler au coin de mon il : je ne pouvais rien faire du tout.

— Regarde bien, regarde la bien. Je ne vais pas tarder à jouir entre ses cuisses, et son sort sera scellé. Non je plaisante, son sort était déjà scellé bien avant cela.

Il lui assena un dernier coup de burin, magistral, qui lui arracha un hurlement qui fendit les cieux. La bouche grande ouverte, prêt à éjaculer. Il tourna l’il et donna un grand coup d’aile, le propulsant deux mètres derrière Septima ; le mur invisible devant moi disparut. Une énorme hache fendit l’air, passant par l’endroit même où se trouvait la chose une demi-seconde plus tôt ; elle partit se planter violemment dans un arbre quelques mètres plus loin. Prise de surprise, je mis quelques secondes à réagir, avant de me précipiter sur Septima, toujours dans les vapes. Je n’avais aucune idée de ce qui avait attaqué la chose, mais une chose était certaine : il fallait se barrer, vite. Mon bras était toujours inamovible, mais je parvins à attraper Septima par la main, avant de glisser son bras autour de mon coup. La voix de la bête derrière moi me terrifia :

— Tu peux sortir de l’ombre maintenant, c’est trop tard : regarde, je suis déjà venu. Tes protégées ne craignent plus rien de moi ce soir. Sexuellement parlant bien entendu.

La douleur dans mon bras éclata une nouvelle fois, me faisant tomber à genoux. Septima s’effondra tout bonnement par terre, inconsciente. Je me retournai. Une créature apparut, par petites touches de lumière. Il était de petite taille. C’était Zvolk. Comment avait-il fait pour ne pas être remarqué ? J’avais l’attention toute portée sur Septima, mais ce n’était pas le cas de la bête. Et d’où sortait cette hache ? Zvolk avait toujours eu un maillet. D’ailleurs il l’avait toujours, accroché sur son dos : il l’attrapa, et s’en arma.

— T’as rien à faire là, dit-il. Romane est même pas vagabonde, t’as pas le droit. Tu les laisses, sinon je te tue.

La bête se mit à rire. Il se rua sur Zvolk et l’attrapa par la gorge, le soulevant de terre, lui faisant lâcher son maillet.

— Et de quel droit ? Romane n’est pas vagabonde, mais la petite blonde oui. J’ai TOUS les droits. Tu m’entends ? J’emmerde Nathanaël, Je t’emmerde toi, et je tuerai tous ceux qui oseront se mettre sur mon chemin, j’ai TOUS les droits. Et rien ne m’empêche de tuer Romane si je le veux.

Sur ces mots, je manquai de m’évanouir : mon bras me lançait, tellement fort que je parvenais à peine à garder les yeux ouverts, luttant pour ne pas sombrer. La bête tourna la tête de Zvolk dans ma direction

.

— Regarde là, elle a forcé sur son bras brisé pendant quatre longues journées. Ses os se sont brisés en fragments plus petits encore, ses petits muscles se sont déchirés d’eux-mêmes. Les os de son bras et de son avant-bras ne sont même plus connectés entre eux. Certes elle n’en mourra pas, mais je peux arranger ça Et si je te tue aussi, rien ni personne n’ira raconter quoi que ce soit. De toute façon elle ne m’est d’aucune utilité, je ne peux pas me reproduire avec.

Zvolk se mit à rire, du mieux qu’il pouvait malgré sa position. La créature grimaça, et l’envoya valser contre un tronc d’arbre avec une violence inouïe malgré sa stature squelettique, fissurant l’écorce derrière lui. Il s’avança vers Zvolk, lentement.

— Comment oses-tu ? Misérable erreur de la nature, rire de mon autorité !

— Quelqu’un d’autre sait.

Il se stoppa, net. Zvolk reprit :

— Un korrigan. On était deux. Si je reviens pas, il ira tout raconter à Nathanaël. Peu importe ce qu’il raconte, il parait que t’as dépassé les bornes plein de fois. Cette fois, Il prendra pas la peine de s’occuper de ton cas, il te tueras. Laisse nous partir, sinon tu sais ce qui t’attend.

— Et si je m’occupais de son cas ?

— C’est un korrigan. Il sont pas réputés pour être aussi stupide que vous autres.

La bête maugréa, avant de lui donner un grand coup de pied dans le ventre, coupant le souffle du hobgobelin, qui s’effondra sur le sol. Il se tourna vers moi : j’étais terrifiée, complètement pétrifiée de peur et de douleur. Son sourire sardonique me procura des frissons d’angoisse :

— Je n’en ai pas fini avec vous. Septima ne sera plus jamais en sécurité, à chaque fois qu’elle fermera les yeux, elle prendra le risque de succomber à mille plaisirs, maintenant qu’elle m’en a donné la permission. Il se peut que ce soit demain soir, dans un mois, dix ans, mais maintenant elle est sous mon contrôle. Je finirais par la posséder, tôt ou tard. Et crois-moi, dans onze mois ; oui onze petits mois, ce sera ton tour.

Il s’envola sur ces mots.

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Bonjour.

Je me suis débrouillé pour vous organiser les différents récits des protagonistes de sortes qu’ils ne se recroisent pas sans vous apporter des informations supplémentaires ou nécessaires à la compréhension de leur histoire.

C’est pour cette raison que certains passages ont été coupés. Par exemple, le passage suivant se situe à la suite de nombreuses pages où la narratrice évoque des évènements qu’elle a partagés avec la précédente, n’ajoutant que peu de chose au récit déjà évoqué. J’ai supprimé ce passage, d’où la marque (x).

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(Notes de l’auteur: J’ai écrit le prochain passage sur la musique d’Iron Maiden, Fear of the Dark ; donc pour les amateurs de hard rock / heavy métal, vous pouvez vous amuser en tentant l’expérience (pour ceux qui ne sont pas fans de ce type de musique, n’essayez pas du coup ;) ). Bref, bonne lecture.

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Septima (x)

Où est-ce que j’en étais ? Ah oui, après être tombée de fatigue dans ma cachette, je me suis réveillée au beau milieu de la nuit, sortie de mon sommeil par des hurlements. Mes réflexes ayant été développés par mon année précédente, ma main a cherché mon couteau, en vain puisqu’il avait disparu. Je ne portais pas mes peaux, elles étaient juste posées sur mon corps. Lorsque je m’en suis rendue compte, j’ai eu le réflexe de reculer, agrippant mes peaux contre mon corps et regardant tout autour de moi. J’ai eu peur, même si ça m’énerve de le reconnaître ; je n’ai pas compris la manière par laquelle je me retrouvais ici, et j’ai d’abord pensé à un mauvais rêve. Jusqu’à ce que Romane m’attrape la main.

Elle m’a parlé, mais je n’ai pas compris ce qu’elle a dit. Puis elle m’a prise dans ses bras, encore. Je ne reviendrai pas sur l’effet que ça m’a procuré, je l’ai déjà dit un peu plus haut. Cette embrassade m’a un peu rassurée, presque apaisée je dirais. Regardant autour de moi, je me suis rendu compte que son ogre bleu était dans les parages, une violente colère m’a alors envahi. Je l’ai repoussé, et ai reculé de deux pas :

— Qu’est-ce qu’il fait là lui ? Et où est-ce que je suis ? Tu m’as enlevé ?

— Si tu commençais par te calmer, je pourrais peut-être t’expliquer.

Je l’ai saisi par haut de son vêtement, et l’ai plaqué contre le mur derrière. Ça l’a fait grimacer.

— Je t’ai déjà dit que je ne lui faisais pas confiance ! Comment est-ce que tu as pu me faire ça ? Tu m’as droguée ? Comment se fait-il que je me retrouve ici. Mais réponds-moi !

— Il t’as sauvé la vie. Et sûrement la mienne aussi.

— Véridique. Et j’ai un peu aidé également. Mais si vous pouviez poser la demoiselle, je pourrais peut-être m’occuper de son bras avant qu’il ne s’infecte ou ne pourrisse, c’est que cela doit faire un moment qu’elle l’a brisé sans s’en être rendu compte. Je vous jure, les petites ne sont plus ce qu’elles étaient autrefois

J’ai jeté un il à son bras : il était tout tordu, d’une manière répugnante. J’y ai vu plein de bleus, partant de son épaule jusqu’à son poignet. Il pendait simplement. J’ai regardé Romane dans les yeux : elle ne semblait pas souffrir beaucoup, alors que quelques secondes plus tôt elle m’avait réveillé en hurlant. Je crois que c’est à partir de ce moment précis que j’ai commencé à la prendre en considération : malgré tous ses défauts, et le fait qu’elle veuille toujours faire la chef, je dois bien admettre qu’elle a une grande force d’âme. En me retournant, j’ai remarqué le faune qui m’avait indiqué l’emplacement de la grotte.

— Toi ? Comment est-ce que tu t’es échappé ? C’est cet ogre bleu qui t’as libéré ?

— Non ma chère, j’y suis parvenu par mes propres moyens. Non pas que vos liens soient inefficaces, loin de là, mais vous savez : nous les faunes sommes réputés pour notre intelligence. Et force est d’avouer que si vos liens étaient bien serré, ils

L’ogre bleu l’a interrompu :

— Heichkâ ! Tais-toi. T’es moins bavard quand tu fais une bêtise.

— Euh Oui. Euh, Romane ma chère, venait par-là, je vais soigner votre bras. Il me semble que j’ai un sort de soin quelque part. Oh ! Où est ma trousse ? Ah ! Elle est là. Alors, attendez, je cherche. Non ce n’est pas ça. Ça non plus. Euh, où est-il ? Ah, le voilà ! Posez votre bras bien droit, je vais le faire démarrer. Vu son état, il lui faudra une petite heure pour agir. Zvolk, aurais-tu la gentillesse de nous préparer un feu ? C’est que je trouve qu’il fait un peu frais

Comme d’habitude, ses paroles n’ont presque eu aucune importance. J’ai eu du mal à comprendre la situation, et personne ne m’expliquant rien, cela ne s’est pas arrangé. La colère m’est montée à la gorge, jusqu’à ce que Romane intervienne :

— Septima. Tu te souviens quand on se prenait la tête ? Plus précisément quand je te disais que tu partais la nuit, sans ton couteau ni ta sacoche. Tu t’en souviens ?

— Euh Oui.

— Je pensais que tu faisais mine de rien comprendre, mais je me trompais. En fait, tu dormais, t’étais juste hypnotisée. Passe la main sur le haut de ta nuque.

J’ai senti deux petits trous. En regardant ma main, je me suis rendu compte que je saignais, alors que la plaie s’était rapidement refermé, dans la grotte.

— Tu t’es faite attaquée dans les cavernes non ? Avant que tu ne me tombe dessus.

— Oui Oui, et alors ?

L’ogre bleu l’a interrompu, se mêlant désagréablement à notre discussion. Pendant ce temps, Romane s’est installée, et le faune l’a soigné.

— C’était un popobawa. Une merde très dangereuse. En te mordant dans la caverne, il t’a placé sous son contrôle. La nuit, c’est lui qui décidait de tes actions, et il t’a possédé alors que t’étais dans les vapes. Mais t’es pas une vagabonde pour rien, t’as mis du temps à le laisser entrer entre tes cuisses. Bref, cette nuit, il a failli venir en toi. Romane est venue t’aider mais il devait contrôler son bras d’une manière ou d’une autre. Je sais pas comment il a fait.

Je me suis tournée vers Romane : je n’avais jamais entendu parler d’un tel monstre. Et elle non plus apparemment. Sa mine était grave : je ne l’avais jamais vu comme cela. En fait, elle garde toujours une mine sérieuse, mais sourit très souvent (ça m’énerve d’ailleurs, comme si elle était heureuse de vivre ici). Mais là je n’ai pas osé chercher à contredire leur version, de toute façon je n’avais aucune idée de la manière dont j’étais arrivée ici : s’ils avaient voulu me faire du mal, ils auraient pu le faire pendant que je dormais. Le faune a repris le flambeau après avoir démarré le sort de soin :

— Les popobawas sont des sortes de vampires. Autrefois ils étaient plus nombreux, mais lorsqu’ils ont commencé à développer des pouvoirs, Nathanaël a préféré en réduire le nombre. Aujourd’hui il n’en reste plus énormément, sûrement une centaine dans tout Xanths, et le sorcier suprême a passé un pacte avec eux, contre leur vie : ils ne peuvent plus que s’attaquer aux vagabondes, c’est-à-dire aux femmes présentes sur le continent depuis plus d’un an, c’est la barre symbolique ; et surtout ils n’ont pas le droit de jouir dans le ventre d’une vagabonde sans en avoir obtenu au préalable la permission. Ceci dit, cela ne les empêche pas de Hum De prendre plaisir par ailleurs, ni de les envoûter. Quoi qu’il en soit, ils ne peuvent pas forcer l’approbation, juste l’influencer

J’ai perdu le fil, et repassé mes doigts sur ma plaie. J’ai eu beau chercher, je ne suis pas parvenue à trouver quelles circonstances pourraient expliquer la situation autrement. Je crois que j’aurais préféré que ce soit un sale coup de cet ogre bleu, ou de ce foutu faune. J’ai remis mes peaux, et après plusieurs minutes passées à regarder dans le vide, je suis partie en courant. J’ai entendu Romane m’appeler mais je n’ai pas réagi. Je suis allée vers le bord de la mer, et je me suis assise sur le sable. L’on m’a attrapé par les épaules : c’était elle, alors qu’elle aurait dû rester immobile pour soigner son bras.

— Septima Oh ! Euh C’est pas grave tu sais, t’as le droit de pleurer. On Je suis là.

— Je ne pleure pas. Et je vais le tuer pour ce qu’il a fait. Je vais le tuer avant qu’il ne me retrouve.

Ça l’a fait sourire ; pourtant il n’y avait pas de quoi. Elle s’est allongée sur le sable, en regardant les étoiles dans le ciel. J’ai juste levé la tête pour en faire autant.

— On ne le laissera pas faire. On ne se laissera pas faire. On va le retrouver, et lui faire payer.

— Je n’ai pas besoin de ta pitié. Laisse-moi.

— Ça tu vois, c’est mal me connaître. Je vais pas te laisser mourir ici, n’y compte même pas.

Je me suis retournée, pour la regarder dans les yeux. Elle tenait son bras : elle devait avoir mal.

— Pourquoi tu refuses de me laisser seule ? Je ne suis pas une gamine, je sais me défendre.

— J’en doute pas une seconde. Mais moi j’ai besoin de ta protection ; pour surveiller mes arrières. Pendant ce temps, je surveille tes fesses. Tu vérifies que personne ne touche aux miennes, et je garde un il sur les tiennes. Ecoute : mettons que tu restes seule, et que le popo-je-sais-pas-quoi te laisse tranquille, ce qui n’est déjà pas gagné, qu’est-ce que tu crois qu’il peut se passer ? Pour toi comme pour moi. Un jour, je manquerai de chance, ou ils seront plusieurs contre moi, comme avec les gobelins. Un jour je serais fatiguée de leur résister et je succomberai à leurs avances et et aux plaisirs qu’ils pourront me procurer. Ce jour-là, si tu n’es pas à mes côtés, je perds. Si tu es là, peut-être que je pourrai s’en sortir. Et c’est exactement la même chose dans l’autre sens.

Elle m’a presque encore plus énervé, avec sa logique. Déjà à l’époque elle voulait tout diriger.

— Qu’ils viennent.

— Ils viendront. Et plus le temps passe, plus ils seront nombreux, parce que plus ils seront à connaître ton existence. Avec Zvolk et l’autre, j’ai oublié son nom, peut-être qu’on peut s’en sortir. Ça a le mérite de représenter un espoir, tu ne crois pas ?

J’ai fait la moue ; ça m’énervait de le reconnaître, mais elle avait raison. Sur ce point.

— Mettons que je te fasse confiance. Ce n’est pas le cas ni pour ton ogre bleu, ni pour le faune. Ce chacal m’a menti, il ne m’a pas prévenu. Je te jure que je vais lui faire la peau.

Je me suis levée, mais elle a attrapé ma main. Elle l’a fait du mauvais bras, et du coup elle a grimacé. En plus ça l’a fait sourire, cette idiote.

— D’accord. Il a fait une erreur. Laisse leur encore une chance : au moindre faux-pas, on remettra leur loyauté en question, je te le jure sur tout ce qui me reste, c’est-à-dire pas grand-chose, malheureusement. Pour l’instant donne-leur une chance.

— Je ne leur fais pas confiance. Ce sont des hommes, ils vont vouloir profiter de ton corps, et du mien. Lui l’a déjà fait, et il va recommencer. Tu le sais très bien, tu fais une erreur en les pensant de ton côté. Ils vont te surprendre un jour, et chercher à abuser de ton corps.

Ça par exemple, ça m’énerve ! Comment elle a fait ? Je veux dire Pourquoi est-ce qu’en l’espace de quelques échanges, ma peur a disparu ? Je me suis retrouvée à presque être de bonne humeur, et motivée, sans aucune raison. Je suis sûre que c’est une sorcière, je ne voie pas d’autres explications. Elle a dû m’ensorceler, sinon je n’aurais pas ajouté ça :

— Mais ce jour-là je les tuerais.

***

Elle m’épuise, avec ses ordres. Si les autres arrêtaient de lui obéir aveuglément aussi Faut que je dise à Fahra d’arrêter de la considérer comme sa mère de substitution. Quoique non en fait, elle serait capable d’aller lui répéter cinq minutes plus tard ; du coup elles sont toujours deux contre moi. Bon où est-ce que je m’étais arrêtée ? C’est malin, je n’ai pas eu le temps de finir.

Après ça nous sommes retournées là où elle s’était cachée, avant de se faire repérer par les ogres. J’ai failli dépecer le faune, mais elle m’en a empêché ; j’ai remarqué qu’elle m’empêche toujours de faire ce que je veux, déjà à l’époque c’était le cas. C’est l’ogre bleu qui nous a interrompues :

— Bon, ça suffit vous deux. On va pas passer la nuit à vous écouter crier. C’est la première fois que ça se passe comme ça, pour moi. Vous voulez faire quoi ?

Romane a alors pris les commandes, évidemment :

— Ça dépend. Dis-moi euh Attends, comment tu t’appelles déjà ?

— Heichkâ, je suis un faune. Mon père m’a donné ce nom puisque

— Oui, oui Heichkâ. Quelle est la portée du popo-truc ? Je veux dire : il peut nous repérer facilement ou il est obligé d’être dans le coin ? Ces pouvoirs fonctionnent le jour ?

— Hum Tu me poses une colle. Le popobawa est un démon d’autant plus puissant que ses victimes ne savent pas qu’elles sont sous son contrôle. Vous êtes trois à l’avoir physiquement rencontré mais nous sommes quatre à connaître son existence, et surtout nous sommes quatre à savoir qu’il t’a pris en chasse, Septima.

Cette créature m’a énervé : elle a trop parlé.

— Par ta faute. Misérable

— Certes ! Par ma faute. Pourtant même s’il détient de forts pouvoirs, je ne pense pas qu’il soit une réelle menace pour nous. La pire chose qui pourrait nous arriver, c’est d’oublier son existence ; alors que lui ne nous aurait pas oublié. Ces pouvoirs en deviendraient immédiatement plus grands, et il serait en mesure de s’en prendre de nouveau à toi. En tout cas, il a eu beau te menacer, Romane, tu ne risques pas grand-chose pour pas mal de temps.

Romane s’est fait un bandage autour du bras. De bouts de bois permettaient de stabiliser ses os.

— Il a tout de même été assez puissant pour projeter Zvolk. Il aurait pu nous tuer si nous n’avions pas eu une garantie. S’il s’en prenait à nous ce soir, il pourrait nous tuer tous les quatre. Ou plutôt nous tuer vous et

— Je t’ai dit que je surveillerai tes fesses.

Les trois m’ont regardé avec un drôle d’air, c’est pourquoi je me suis sentie mal-à-l’aise. Romane a commencé à rire, et ça m’a agacé.

— Quel est le problème, ce n’est pas ce que nous avions prévu ?

— Si, si, bien sûr. C’est ce qu’on avait prévu.

— Alors qu’est-ce qui te fait rire ?

Elle a eu une moue. Et surtout, elle a eu typiquement le genre de réaction qui m’horripile :

— C’est rien. C’est juste que je suis contente que tu surveilles mes fesses. Bon, mettons que le popobawa ne soit plus une menace dans l’immédiat, il faudra que l’on apprenne à se battre rapidement. On ne peut pas rester ici : il faut que l’on se construise un abri, de préférence à un endroit stratégique, où l’on pourra s’échapper à partir de plusieurs points. Il nous faut des sorts aussi ; beaucoup de sorts. Zvolk, tu sais où en trouver ?

— Non. Je les ramasse quand je tombe dessus. Je crois qu’ils apparaissent aléatoirement sur tout Xanths.

Et évidemment, le faune a commencé à nous débiter tout ce qu’il savait sur la question

— Ce n’est pas tout à fait vrai. En fait c’est vrai pour la très grande majorité des sorts : ils apparaissent de manière aléatoire, derrière un arbre, sous un caillou ou au fond d’une source d’eau. Mais pour une partie d’entre eux, les plus puissants en tout cas, un endroit spécial est nécessaire. Prenons l’exemple des sorts arc-en-ciel : il n’en existe qu’un nombre limité par région, et ils n’apparaissent que dans des endroits dangereux. La ou les causes du danger ne peuvent pas l’utiliser, elles n’en ont pas le droit. C’est pourquoi ni les gobelins ni le popobawa ne pouvait se servir de celui qui se trouvait dans la grotte. S’il était simplement parti, le sort aurait disparu, mais celui-ci lui permettait d’attirer un grand nombre de proies, lui permettant de survivre. Il faut comprendre que même pour nous autres, les sorts arc-en-ciel sont très puissants ; moins que pour vous cela dit, allez savoir pourquoi

Romane s’est mise à bailler. J’ai aussi commencé à fatiguer. Heureusement elle l’a interrompu :

— Est-ce qu’il est possible de rentrer chez soi en l’utilisant.

— C’est une très bonne question ma chère, à laquelle je ne connais pas la réponse. A ma connaissance, aucune d’entre vous n’est jamais parvenue à revenir dans l’Autre Monde. Il pourrait être intéressant pour vous d’essayer. Vous savez, nous ignorons encore beaucoup de chose à propos de ce sort, la première étant la raison de la restriction de son utilisation pour nous autres : nous pouvons les utiliser pour remplacer n’importe quel autre sort, mais seulement pour ces fonctions précises. Alors que vous autres êtes théoriquement libres de les utiliser de n’importe quelle manière.

La conversation a duré encore longtemps, passant sur des détails sans la moindre importance. Au final, nous nous sommes mises d’accord avec Romane, pour une fois elle m’a écouté. Ma cachette ayant été découverte par le popobawa, il nous fallait trouver un nouvel endroit où se cacher. Dès le lendemain, nous partirions dans les montagnes en compagnie de Zvolk pour rechercher l’endroit propice. Il nous faudrait ramasser tous les sorts sur le chemin, notamment les sorts de performance physique, pour être en mesure de creuser à même la roche. Un peu plus à l’est, une grande montagne bordait la forêt : nous commencerions par là. Pour cette nuit, Romane a choisi de prendre le premier tour de garde.

Avant de m’endormir, je suis partie puiser de l’eau à la source. Quelqu’un m’a pincé la fesse gauche ; j’ai fait volte-face, prête à l’égorger sur place. Mais ce n’était que Romane. J’ai grogné, et j’ai sûrement dû rougir à cause de cette idiote :

— Surveilles bien mes fesses, je surveille les tiennes.

— Ne refais plus jamais ça.

J’étais en colère, et évidemment elle était incapable de le comprendre. Romane est égoïste, elle ne pense toujours qu’à elle. C’est toujours pareil avec elle, elle est incapable de se mettre à ma place, et quand elle le fait, elle m’énerve plus encore. Là elle s’est mise à rire, de son petit rire cristallin Idiote.

— Détends-toi, on va s’en sortir. Tu sais, on va réussir à rentrer chez nous.

Je l’ai repoussé, elle est tombée à la renverse, l’air le plus étonné du monde.

— Tu ne refais jamais ça ! Et puis qu’est-ce qui t’indique que j’ai une quelconque envie de rentrer dans l’Ancien Monde ? De toute façon les deux sont les mêmes, ici au moins je peux tuer ceux qui veulent abuser de mon corps sans craindre d’être crucifiée ou jetée aux lions.

Je l’ai laissé par terre, avant de rejoindre le campement.

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